ACDIS : " Du livre pour vivre"

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LE MANIFESTE DE L’ACDIS
Du livre pour vivre

Le livre de nos jours n’intéresse plus les jeunes, ils en font de moins en moins cas. Il est mis au ban au bon gré des nouveaux instruments d’éducation, comme l’ordinateur sur lequel on insiste de plus en plus; Comme si on en avait déjà fini avec la consommation du livre, sa production et sa conservation. Dans les débats, les projets et les discours sur l’éducation des jeunes, le livre n’est pas à l’ordre du jour, pas parce que c’est un problème déjà résolu, mais par un oubli qui frise le mépris et le désintéressement.

Le livre meurt peu à peu et personne ne songe à lui donner un nouveau souffle. Ce manque d’intérêt porté au livre est sans explication, dans la mesure où de sa production, à sa conservation en passant par sa consommation, il ne présente aucun inconvénient. Il n’est pas erroné de dire qu’il est possible d’éduquer par la télévision ou autre type de média, mais la même finalité peut être obtenue et même plus accrue par le moyen du livre. 


Jusqu’à nos jours les opinions à ce sujet reste divergentes et plusieurs questions se posent : comment expliquer que ce qui était pris hier pour salvateur et libérateur, est aujourd’hui conçu comme un objet de torture ? Quelles sont les stratégies qui, une fois mises sur pied peuvent permettre au livre de récupérer sa place d’antan ? Comment concevoir former les jeunes dans ce combat qu’est celui du livre ? Quel intérêt y’a-t-il a offrir ou conserver un livre qui tend à disparaitre ?

C’est ça notre combat celui de donner aux jeunes l’avantage qu’il y a à lire un livre et de le partager avec ses amis, que de regarder un film et leur en faire le résumé. Nous essayerons de leur montrer dans cette dualité comment créer un équilibre, de telles sortes qu’il puisse tirer pour le mieux profit de l’un et de l’autre moyen d’information. C’est celui de moderniser nos bibliothèques désuètes, où le livre fragiliser par le temps et la négligence ne peut plus rendre les services que le lecteur attend de lui. C’est aussi celui de donner aux parents l’avantage qu’il y’a pour eux à offrir un livre à leurs enfants que tout autre cadeau, qui ne dure que le temps qu’il faut pour le consommer. Un livre lu dure toute une vie, c’est pour cela que nous demandons du livre pour vivre. Nous leur expliquerons aussi toute la joie, l’amour qu’il existe dans l’acte de vie d’offrir un livre, aussi vieux soit’ il. Nous nous chargerons de rafistoler, et nous lui redonnerons toute sa forme, pour que jamais un livre ne meure, s’il n’a donné par cet acte, la vie à une pensée libre et autonome.

C’est dans ce défi que nous avons voulu nous lancer : celui de la promotion du livre et de la lecture. Alain disait qu’« Il n’y a aucune manière de penser que de lire les penseurs », et Descartes dont la qualité de l’esprit n’est plus à démontrer, affirmait qu’un pays n’est heureux que lorsque les hommes y philosophent le mieux. Comme la peinture ne se découvre qu’au musée, la musique à l’opéra, la philosophie nous dira Njoh Mouellé ne se découvre qu’à travers la lecture. Ce n’est qu’à travers cette activité que l’esprit de l’homme s’ouvre, que la curiosité s’aiguise, et que née l’esprit d’initiative.

Beaucoup de jeunes sont des amateurs de la lecture, ceci est péremptoire. Plusieurs lisent, mais ils lisent mal. Soit ils lisent parce que tel ouvrage leur permettra de réussir à leurs examens, soit ils font des lectures qui vont plutôt aiguiser leur faculté de la rêverie et de l’imaginaire, que la faculté de penser par soi même. D’un autre côté ils veulent lire mais ils n’ont pas accès au livre, les bibliothèques ailleurs n’existent même pas, car une bibliothèque ne saurait exister là où n’existent pas de routes, donc pas d’hôpitaux et d’écoles, et où les besoins primaires ne sont pas encore satisfaits. Nous voulons favoriser la lecture culturelle plutôt que la lecture conditionnée, rapprocher le livre auprès de la jeunesse, de raccourcir la distance les sépare, promouvoir un esprit dialectique, ordonné et critique. Nous ne leur demandons pas de tout lire, les grands esprits disent que : « lire c’est élire », mais il y’a aussi des ouvrages dont la lecture est indispensable. Ce sont ces ouvrages qui participent à la connaissance de son histoire, de son être et des moyens de le perfectionner. Nous voulons par surcroit favoriser la créativité des jeunes, en les exerçant à l’écriture.

Ce combat sera long et périlleux, si nous le faisons de nous même et par nos propres moyens, impossible si on le fait sans l’appui de nos ainés et de l’Etat. Cet Etat qui fixe à l’horizon 2035 son émergence. Une question reste en suspens, qui réalisera ce vœu si ce n’est les jeunes d’aujourd’hui ? Et comment ce vœu sera t’il réalisé si l’Etat ne se donne pas les moyens de ses ambitions. Abdoulaye Wade dit dans son livre un destin pour l’Afrique que : « dis moi qu’elle jeunesse tu as je te dirais quel pays tu seras », de ce fait, la jeunesse doit se construire avec des matériaux lourds et solides, afin de devenir le socle sur lequel doit se bâtir l’avenir de l’Afrique. Or en l’homme il n’y a rien de plus solide que la pensée.

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